Emissions de CO2
Les changements climatiques causés par les gaz à effet de serre sont adressés par le Protocole de Kyoto, qui prévoit une réduction des émissions de 8% en moyenne d’ici à 2008-2012 par référence à la situation de 1990. Bien que le transport aérien international ne fasse pas partie des inventaires domestiques des pays signataires, et que sa contribution aux émissions de CO2 soit estimée à seulement 2 à 3% des émissions totales de source humaine, l’OACI a été chargé d’étudier la façon dont l’aviation pourrait contribuer au processus.
Trois moyens ont été identifiés :
- Le progrès technique: Malgré une évolution technologique impressionnante, les progrès en la matière ne compensent pas la croissance du secteur.
- Les mesures économiques: Parmi les mesures économiques considérées pour encourager la diminution des émissions, la plus prometteuse consiste à considérer un mécanisme d’échange de permis d'émission tel que réglementé par l'Union européenne, ainsi que des mesures volontaires telles que les renouvellements de flottes par l’introduction d’avions plus économes en carburant, donc moins polluants.
- L’amélioration des procédures: Une meilleure gestion de l’espace aérien a été identifiée comme pouvant permettre une réduction de 6 à 12% des émissions en route, notamment grâce à l’utilisation de routes plus directes et à des améliorations de l’infrastructure.
Depuis plusieurs années les fournisseurs de service de navigation aérienne ont introduit diverses mesures permettant de diminuer les émissions :
- Eurocontrol a ainsi identifié que l’introduction de six niveaux de vol supplémentaires en janvier 2002 (RVSM - Reduced Vertical Separation Minima) a réduit les émissions de CO2 d’un million de tonnes, soit l’équivalent de trois journées complètes de trafic aérien en Europe.
- La restructuration de notre espace aérien a introduit le concept de la sectorisation flexible, et une meilleure collaboration avec nos collègues militaires a permis d’implémenter le niveau 3 du Flexible Use of Airspace (FUA). Ces deux mesures ont entraîné des durées de vol plus courtes avec une diminution correspondante de la consommation et des émissions. Par exemple, ces mesures peuvent faire économiser à un A320 l’équivalent d’un réservoir d’essence de voiture pour un raccourci de seulement 8 milles nautiques (15km). L’implémentation du Flexible Use of Airspace en Europe permet une réduction de 400.000 tonnes chaque année. De plus, la gestion plus efficace des flux de trafic a permis en 2005 de réduire de 1,1 million de tonnes les émissions de CO2 du transport aérien.
- La collaboration avec le Central Flow Management Unit (CFMU) d’Eurocontrol aide également à réduire les émissions en proposant des routes plus directes lorsque c’est possible et en gardant les avions au sol, moteur à l’arrêt, jusqu’à ce qu’ils reçoivent un slot disponible plutôt que de les faire décoller et consommer inutilement du carburant.
- A Bruxelles National, l’introduction du CDM (Collaborative Decision Making) a permis de limiter les émissions grâce à une meilleure gestion des mouvements au sol. Le temps moyen des mouvements au sol a ainsi diminué de trois minutes, correspondant à une économie de 17.022 tonnes de CO2 en 2008 par rapport à 2007.
- Belgocontrol prend part à la définition des futurs Functional Airspace Blocks (FAB) prévus par le Ciel unique européen avec une gestion de l’espace aérien basée sur les flux de trafic et non plus sur les frontières nationales. La Belgique et Belgocontrol participent avec l’Allemagne, La France, la Suisse, les Pays-Bas et le Luxembourg à la construction du FABEC dont l’objectif environnemental est de réduire les émissions de CO2 en moyenne de 226 kg par vol et de 0,7 kg par vol pour les oxydes d’azote.
- Plus récemment encore, Belgocontrol étudie, en collaboration avec Eurocontrol, les aéroports et les compagnies aériennes l’application de la procédure CDA (Continuous Descent Approach) qui permet une réduction significative des émissions dans la phase d’approche ainsi qu’une réduction du bruit, lorsqu’un avion peut effectuer une descente sans paliers intermédiaires étendus.
La CDA n’est pas toujours applicable dans un espace aérien complexe et avec un trafic dense. L’objectif est d’augmenter, dans la mesure du possible, le pourcentage de vols qui s’approchent en CDA lorsque la densité du trafic le permet. Une plus grande facilitation de cette procédure est actuellement expérimentée pour l’aéroport de Bruxelles National avec la collaboration active de Brussels Airport et plusieurs compagnies aériennes.
Afin de susciter une prise de conscience de la part des contrôleurs aériens de la problématique environnementale par rapport au transport aérien, ces matières sont incorporées dans les syllabus du centre de formation.
Il faut savoir que la matière est non seulement complexe, mais aussi très interdépendante. Un allongement d’une route de départ pour des raisons d’amélioration au niveau des nuisances sonores entraîne une augmentation de la consommation, donc des émissions de gaz à effet de serre. Les priorités doivent être établies par le politique, mais en tenant compte de l’impact sur les capacités, l’économie et l’emploi. Et pour Belgocontrol, la priorité est et reste la sécurité.
Pour plus d'information sur l'impact écologique de l'aviation et les mesures prises pour le réduire, visitez le site www.enviro.aero


